En cendre...

En cendre...
Je ne suis qu'une forme
Aux contours incertains
Avec un regard morne
Un tantinet hautain
J'avance à l'aveuglette
Et je suis mal lunée
Une pièce sans fenêtre
Avec vue sur mes pieds

A force de malentendus
Je suis malentendant
Et c'est déjà malveillante
Je ne fume plus
Mais je pars en cendres
Combien de temps
Me faudra-t-il encore t'attendre ?

Je l'entends bien souvent
Le soir murmurer
Prendre à témoin le silence
Des murs abîmés
Il leur promet du beau
Mais il se sent bien laid
En face de sa photo
Sur la table de chevet

A force de malentendus
Je suis malentendant
Et c'est déjà ???? me prendre malveillante
Je ne fume plus
Mais je pars en cendres
Combien de temps
Me faudra-t-il encore t'attendre ?

Je ne fume plus
Mais je pars en cendres

# Posté le jeudi 24 septembre 2009 14:43

La maison Tellier.

La maison Tellier.
Hier matin j'avais quelques heures à tuer
Je suis allé m'en jeter un petit à la maison Tellier

Comme d'habitude la taullière m'a salué d'un regard
L'air étonné cette fois ci que je sois tellement en retard
Betty s'en ait allé et je suis pire qu'une bête
Bien souvent, c'est mes tripes qui parlent au lieu de ma tête
Rien qu'une dernière fois me rendre à l'étage
On m'a dit du bien du nouvel arrivage

Comme à chaque fois, j'évite de trop lever les yeux
A force d'être empruntées, les marches flanchent au milieu
En haut, le pallier sent la sueur et le sexe
Et déjà à voix basse, je me repète mon texte:
C'est gentil chez vous
Vous venez souvent ?
Faites-vous des trucs avec la bouche et sans les dents ?
Est-ce que vous habitez toujours chez vos parents?
Tiens ça a augmenté, hier c'était 200

Une voix me dit d'entrer, la mienne répond: "je n'ose!"
D'autant que cette fois ci, j'ai eu la chambre rose
Réservée d'ordinaire, aux meilleurs d'entre nous
Le valet me resserre et je tombe à genoux

Celle qui m'ouvre la porte est sans doute la plus belle,
De toutes les pensionnaires qu'ait connu ce bordel
Il ya trois jours à peine elle partageait mon lit
J'espèrais qu'elle reviennne, la voilà bien partie

Hier matin j'avais quelques heures à tuer
Je suis allé m'en jeter un petit à la maison Tellier

# Posté le jeudi 24 septembre 2009 14:37

Le Vieil Amant...

Le Vieil Amant...
Mon amour j'ai pensé
Avec naïveté
Qu'un brin seul de muguet
Pouvait te ramener
Alors j'ai retrouvé
Un ou deux vieux sonnets
Pour te rappeler
Pour te rappeler
A moi mon amour
A travers ce beau jour
De printemps j'ai laissé
Près de tes pieds tomber
Un brin seul de muguet
Mais il s'est désséché
Attendant ce baiser
Qui ne viendra jamais

Le mois de mai
S'est joué de moi
Cette année
J'ai laissé couler trop d'emois
Cette fois le mois mai
S'est moqué de moi
Cette année
J'ai laissé couler trop d'emois

Il est parti le temps
Il n'a pas pris son temps
Me voilà qui t'attends
Comme un vieux prétendant
Me voilà qui regrette
Devant ces quelques miettes
Une vielle amourette
Qui n'a ni queue ni tête

Mon amour j'ai pensé
Avec naïveté
Qu'un brin seul de muguet
Pouvait te ramener
Alors j'ai retrouvé
Un ou deux vieux sonnets
Que tu n'as jamais aimé

Je voulais je l'avoue
Dancer joue contre joue
Je l'avoue je revais
De te faire tournoyer
Respirer cet air frais
Regarder rayonner
Le visage d'un amour
Qui n'a pas vu le jour

Mon amour j'ai pensé
Avec naïveté
Qu'un brin seul de muguet
Pouvait te ramener
Alors j'ai retrouvé
Un ou deux vieux sonnets
Je sais tu n'aimes pas les sonnets

Le mois de mai
S'est joué de moi
Cette année
J'ai laisser couler trop d'emois
Cette fois le mois mai
S'est moqué de moi
Cette année
J'ai laisser couler trop d'emois

# Posté le jeudi 17 septembre 2009 17:27

Il est temps...

Tic...tac...tic...tac...horloge...dieu sinistre. Effrayant, impassible et implacable dont le doigt nous menace. On ne peut y échapper. Elle nous attire et nous entraine dans sa chute. Cependant, si nous nous forçons à l'ignorer, nous ne pouvons l'oublier.
Sa musique, faible et distincte, hypnotise...nous rebute, nous appelle et nous agace.
Nous pouvons rester des heures à regarder les secondes se perdrent et disparaitre comme un nuage de lait sur un cappuccino.
Chaque instant te devore une part de bonheur. Le temps se rembobine...aucune originalité, il ne change jamais. Il fait son interminable tour et ne modifie jamais sa route. Le temps est une boucle qui ne semble pas pouvoir se boucler. Lui, le cercle vicieux où passé, present et avenir se mélangent en une stricte symphonie...tic...tac...tic...tac... C'est cette même symphonie qui te rappel que ta vie est passé et que tout t'échappe sans possibilité d'un lien qui te reconduise à toi même .
Le temps est le sable qui s'ecoule lentement à travers les fissures du temps. Chaque grain est une seconde, chaque heure une tempête.
Midi sonne, mais le temps d'un battement de cils quinze heures annonce deja, avec pudeur, son entrée sur scène.
L'emprise est finie. Nous n'avons pas vue l'heure passer et deja celle de l'ecole a sonnée. Et toi, sadique horloge, tu te jouera de nous à ralentir le temps. Mais en attendant, il n'est plus l'heure. Demain est un autre jour et c'est la même horloge qui nous attendra de bonne heure!
Il est temps...

# Posté le mercredi 26 novembre 2008 19:03

Modifié le mercredi 21 janvier 2009 15:13

Le gouffre (De Palmas)




La chevelure au vent ,
Elle allait intrépide
Vers le gouffre écumeux hurlant
A ses pieds nus,
Et l'ivresse du bruit ,
Dans ses yeux ingénus,
Lui masquait les dangers
De la vague rapide

Tout son être vibrait
Au vacarme splendide
Sans souci des périls
A cet âge inconnu,
Frissonnant aux embruns
Du grand Large venus
Avec la Mort sournoise,
Implacable et stupide.

Puis, dans un grondement
Du récif ébranlé
Sous son linceul d'écume
Elle avait appelé,
De quelques faibles cris
De colombe blessée...

Mais l' enfant qui croyait
Ne pas être entendu
Vit Dieu même penché
Sur sa lèvre glacée,
Répondre en souriant
A l 'appel éperdu.

# Posté le mardi 10 juin 2008 13:53